Les conférenciers vous répondent !

Vous avez été nombreux à poser des questions en direct lors des 33 conférences inédites de ce Symposium National Osteology !

Comme annoncé pendant l'évènement, voici les réponses que les conférenciers vous apportent :

 

Questions posées aux conférenciers nationaux

 

Dr Sofia Aroca, Paris

  • Session : "Gestion des tissus mous"
  • Conférence : "Les fondamentaux de la gestion des tissus mous"
Question                                                                                  

Vous nous avez montré  les  traitements  parodontaux par tunnelisation..mais quand est il des implants ?
Le traitement chirurgical  de récessions par tunnelisation autour de dents naturelles est en effet une technique validée scientifiquement ( etudes randomisées contrôlées) , les facteurs pronostics bien définis nous permettent d’être prévisible dans différents types (classes) de recessions. Ce qui n’est pas le cas dans les recessions autour des implants. Les défauts tissulaires peri-implantaires sont bien différents sur le plan anatomique et biologique. Dans certaines situations cliniques, je dirai plutôt dans très peu, la technique de tunnel peut être la technique de choix, mais  rien ne nous permet d’extrapoler les résultats que l’on obtient autour de dents naturelle pour l’affirmer.   J’ai l’expérience avec la technique du tunnel préalablement à la pose d’un implant pour éviter  la récession. La meilleure façon de traiter une récession autour d’un implant est d’éviter qu’elle ne se crée.

 

 

Dr Philippe, Bousquet

  • Session : "Implantation et mise en charge immédiate"
  • Conférence : "Préservation du volume après extraction : quelle stratégie pour les sites postérieurs ?"
Question                                              

Concernant les tissus mous, y a-t-il dans votre étude, differencié et mesuré à T0, les sites avec GK et les sites sans  GK ?
Cliniquement est-il nécessaire d'utiliser une matrice dans les sites postérieurs ayant déjà une bonne quantité de GK (et inversement)?

Notre étude montre, après comparaison des  mesures de la hauteur de gencive kératinisée (GK) à To et après cicatrisation, qu’il y a une perte de hauteur vestibulaire de GK dans tous les groupes (témoin et expérimental), et sans différence significative entre les groupes. Ces résultats confirment la littérature.
Notre étude montre également que l’utilisation d’une matrice collagénique  tridimensionnelle n’apporte pas de gain de tissu en vestibulaire.
Dans tous les cas il y a une diminution de la GK , qui pourra être traitée , après ou à la pose de l’implant, par un repositionnement des tissus.

 

 

Dr Hervé Buatois, Grenoble

  • Session : "Chirurgie osseuse pré-implantaire - Gérer l'augmentation osseuse horizontale..."
  • Conférence : "Avec des plaques d'ostéosynthèse : Comment s'assurer d'un positionnement tridimmensionnel de l'implant ?"
Question 1                                              

En cas de comblement sous une lamelle osseuse, mettez-vous les copeaux en place avant ou non, c'est-à-dire les copeaux sont-ils sous pression?
Je ne suis pas certain que cette question me concerne puisque je n’utilise plus de lamelles osseuses. Quoiqu’il en soit je met la plaque avant le comblement et je ne comprime pas le comblement. La littérature à montre que la compression  des copeaux et des granule de DBBM altère la néo angiogenese et donc indirectement la capacité de neo formation osseuse.

 

Question 2 

Quelle proportion autogène dbbm ?

La proportion est variable mais l’ideal est de 50:50 . Cette proportion est très théorique ou plutôt empirique car la littérature a du mal à établir un ration optimal. Ce qui est certain c’est que plus l’os résiduel est réduit et cortical donc pauvre en source vasculaire et en cellularité plus le ratio d’autogène semble devoir être plus important ( 75/25).

 

Question 3

Concernant votre cas#2: du fait de la présence des dents adjacentes, l'utilisation d'une plaque était-elle vraiment nécessaire ? Une simple membrane resorbable n'aurait-elle pas suffit ?

Pour le cas clinique il y a effectivement une présence des dents adjacentes donc de parois osseuses proximale mais la résorption de la crête est telle que la plaque d’ostéosynthèse permet un meilleurs coffrage, un meilleur profil de greffe et surtout maintien ce profil  de crête durant la phase de cicatrisation tout en permettant l’utilisation d’une membrane resorbable et donc non renforcée.

 

Question 4

Corrigez vous les défauts verticaux avec cette technique ?

Ou la correction des défauts verticaux est possible par l’utilisation de deux plaques (vestibulaire et palatine/linguale). Une étude similaire à la greffe horizontale est en cours au cabinet pour un volume idéal de 20 cas. 

 

Dr Pierre Keller, Strasbourg

  • Session : "Chirurgie osseuse pré-implantaire - Gérer l'augmentation osseuse verticale..."
  • Conférence : "Avec des blocs d'os autogène au maxillaire"
Question                                                                      

Pourquoi ne pas envisager une distraction verticale à la place d'un bloc autogène prélevé en ramique ?
La distraction verticale est une méthode très séduisante d’un point de vue biologique mais techniquement très compliquée.
Elle nécessite une excellente compliance du patient pour activer le distracteur et vérifier le vecteur de distraction. Par ailleurs son indication est limitée car elle est uniquement possible lorsque la hauteur d’os résiduelle sous sinusienne ou au dessus du canal mandibulaire est suffisante. Nous avons préféré un prélèvement rétro-molaire et une greffe d’apposition dans les cas présentés car en plus du défaut vertical, la crête était très fine. La distraction verticale ne permet pas d’augmenter le site latéralement.

 


Questions posées aux conférenciers internationaux


Dr Mario Roccuzzo, Italie

  • Session : "Chirurgie osseuse pré-implantaire : gérer l'augmentation verticale ou 3D..."
  • Conférence : "Résultats à long terme des sites augmentés verticalement"
Question        

La greffe gingivale doit-elle être réalisée avant ou après la pose de l'implant ?

Je serais très heureux de donner une réponse qui peut convenir à toutes les situations.
Malheureusement, tout dépend de la situation clinique initiale.
En règle générale, plus le défaut est important plus la greffe gingivale est indiquée avant la pose de l'implant.
Néanmoins, il est parfois conseillé de procéder à cette greffe plusieurs années après la pose de l’implant.

 

Dr Marcus Seiler, Allemagne

  • Session : "Chirurgie osseuse pré-implantaire - Gérer l'augmentation osseuse horizontale..."
  • Conférence : "Avec des grilles en titane : nouveau paradigme pour la crête alvéolaire"
Question                          

Avez-vous déjà eu des cas de nécrose dans la partie la plus mince du lambeau mandibulaire (dans la partie muqueuse) ? 
Comment peut-on procéder pour éviter l'exposition des grilles ?

La muqueuse sur la face linguale de la mandibule est en général assez mince. Entre temps, nous avons développé un protocole très fiable qui démontre, selon nos toutes nouvelles données, un très faible taux de déhiscence (environ 6%).

Ces données seront bientôt publiées.

Nous utilisons une technique d'incision crestale et mobilisons la partie linguale du lambeau. Les fibres musculaires du M. mylo-hyoidien insérées dans le périoste sont retirées avec précaution (par exemple en utilisant un écouvillon avec une pince).
Ainsi, vous obtenez une augmentation considérable de la muqueuse mobile (10-15mm) sans inciser le périoste.

Il n'est plus nécessaire d'inciser le périoste sur la face buccale et ensuite de disséquer les vaisseaux périostés. C'est une procédure très sûre et fiable…
La suture doit toujours être effectuée à deux niveaux (une au-dessous de la jonction muco-gingivale et une au-dessus).

Comme alternative, vous pouvez utiliser dans la partie postérieure mandibulaire un lambeau d'épaisseur partielle, comme indiqué dans ma conférence à Paris.

Vous trouverez également une vidéo à ce sujet sur ce site : https://www.reoss.eu/en/expert-yxoss-op-video.html

 

Dr Daniel Thoma, Suisse

  • Session : "Gestion des tissus mous"
  • Conférence : "Changement de paradigme dans les augmentations de tissu mou en implantologie"
Question                         

Quel type de prothèse provisoire utilisez-vous pendant la cicatrisation ?

J'utilise soit une gouttière, une prothèse amovible provisoire ou un bridge collé provisoire. Pendant les trois premières semaines, il n'y a pas de contact entre les tissus cicatrisants et les prothèses provisoires.