Abstracts

Conférences


 

Jeudi 18 Octobre 2018

 

Keynote Speech

13h45 - Ce que l'on peut apprendre des chirurgiens orthopédiques

Dr Thierry Joudet

Relation os implant : la perte de substance osseuse autour d’un implant est-elle une fatalité ?

L’intégration osseuse d’un implant prothétique dépend de plusieurs facteurs. Le type d’os recevant l’implant joue un rôle primordial. Il faut faire la différence entre un os long ou un os plat. En orthopédie on opère le plus souvent sur des os longs.Ceux-ci, divisés en trois parties (épiphyse, métaphyse et épiphyse) sont composés d’os cortical et de l’os spongieux.

L’os cortical a une fonction mécanique alors que L’os spongieux a, lui, une fonction plutôt biologique de par son organisation trabéculaire. L’intégration d’un implant est conditionnée par le remodelage osseux autour de celui-ci.

Entrent en jeu le système vasculaire qui amène les cellules et les protéines nécessaires, mais aussi des facteurs biomécaniques comme la rigidité, l’élasticité et la dureté de l’implant. Cependant le plus important reste sa bio compatibilité. Si nous connaissons certains facteurs positifs comme la bio-tolérance, la bio-inertie, la bio-activité ou la bio-absorbabilité, il existe malheureusement des facteurs négatifs.

En effet l’inflammation péri-prothétique ou la cytotoxicité de l’implant limitent l’intégration de celui-ci. Nous savons maintenant que l’intégration dépend du design de l’implant mais aussi de l’environnement biologique et de la technique chirurgicale utilisée.

Certains implants mal dessinés ont mis en évidence à moyen et long terme des pertes substances osseuses massives, ceci en l’absence d’infection ou de réaction inflammatoire. L’origine est la modification biomécanique induisant une nouvelle répartition des forces passant par l’os. Même si les ingénieurs essaient de maitriser l’ostéo-conduction l’ostéo-induction et l’ostéo-formation le design de l’implant mais surtout les choix du chirurgien lors de la mise en place ont une influence prépondérante sur la relation os implant.

Il reste encore énormément de choses à comprendre mais nous savons aujourd’hui qu’il faut essayer de réduire la taille des implants tout en diminuant les libérations de particules d’usure autour les implants afin de limiter les réactions inflammatoires de « rejet ».


Forum Clinique Sinus


14h20 - Quelles sont les contre-indications médicales au sinus lift ?

Dr Matthias Rzeznik

Depuis Boyne et James (1980), nos connaissances sur l’anatomie sinusienne notamment grâce au CBCT et la simplification des protocoles opératoires ont permis le développement des opérations d’élévation sinusienne et d’en augmenter les indications pour permettre à un plus grand nombre de patients de bénéficier d’une réhabilitation implantaire de leur cavité buccale.

Si certaines contre-indications a l’implantologie moderne et à la chirurgie orale restent toujours de mise, nos connaissances nous permettent-elles aujourd’hui de lever une partie des contre-indications locales ? Le Sinus Lift pour TOUS sera-t-il envisageable demain?


14h35 - Approche crestale ou latérale, quelles sont les limites ?

Dr Keyvan Davarpanah

La littérature impose d’évaluer l’alternative du recours aux implants courts avant toute élévation sinusienne, la supériorité d’une solution sur l’autre faisant encore débat. Sur le plan médico-légal, les élévations sinusiennes ont été reconnues « de bonne pratique », tant par voie crestale que latérale.
La voie crestale donne statistiquement de meilleurs résultats à 3 ans que la voie latérale mais une hauteur osseuse résiduelle inférieure à 4 mm augmente le taux d’échec implantaire.
La voie latérale, documentée depuis bientôt 40 ans, permet des augmentations verticales plus importantes mais une hauteur résiduelle inférieure à 4mm et le tabagisme sont les deux facteurs de risque principaux relevés.


14h50 - Abord latéral : existe-il un consensus sur les techniques - volet basculé, déposé, repositonné ? 

Dr Maxime Bouvart

Nous sommes fréquemment confrontés chez nos patients à un volume osseux résiduel limité dans le secteur postérieur maxillaire.

Depuis Hilt Tatum, initiateur de l’élévation sinusienne au début des années 1970, les techniques se sont perfectionnées et connaissent un engouement croissant. L’abord du sinus, par un volet initialement réalisé à la fraise, est une difficulté majeure source de lésions vasculaires et de perforations de la membrane sinusienne.

La piézochirurgie, apparue en 1998 avec Vercellotti, permet une résection osseuse tout en gardant une innocuité sur les tissus mous, réduisant ainsi nos complications.

Nous aborderons dans cette séance les recommandations actuelles sur la réalisation du volet osseux, de l’analyse de la littérature jusqu’à ses applications cliniques.


15h05 - Comment gérer les complications peropératoires (saignements, perforations)

Dr Hélène Arnal

Les études rapportent des taux de complications peropératoires variant de 2% à 25 % selon le type de complication considéré et selon les équipes. Les complications peropératoires regroupent les perforations de la membrane sinusienne (complication la plus fréquente), les saignements consécutifs à une brèche de l’artère antrale et la gestion des kystes du bas fond sinusien. L’étude préopératoire de l’anatomie sinusienne à partir d’un cone beam permet d’anticiper les situations à risque. Nous ferons le point sur l’état des connaissances actuelles concernant les moyens permettant de limiter au mieux la survenue des complications peropératoires et de les gérer.

 

15h20 - Quels matériaux utiliser ?

Dr Nora Alno

Les caractéristiques anatomiques du sinus maxillaire ont conduit à remplacer depuis longtemps l’os autogène, toujours considéré comme « gold standard » pour l’augmentation osseuse d’autres sites atrophiques, par divers biomatériaux de substitution osseuse. Tous, ou à peu près tous, (allogènes, xénogènes, synthétiques) ont été testés, d’où l’adage fréquemment entendu dans les conférences sur le sujet, et admis de tous : « Tout fonctionne dans le sinus ». L’objectif de ce travail est de porter un nouveau jugement, plus « qualitatif », sur le devenir des sites opérés fonction du biomatériau utilisé. Ainsi, nous tenterons, au travers d’une revue de littérature intégrant les données cliniques, radiographiques, et histologiques, de déterminer si le choix du biomatériau peut avoir un impact sur les suites opératoires immédiates, et si, sur le long terme, les critères d’ostéointégration implantaire, de stabilité dimensionnelle du volume greffé, et de survie implantaire sont modifiés. 

 

16h05 - Complications postopératoires : compromettent-elles le résultat ?

Dr Antoine Popelut

La technique de comblement sinusien par approche latérale est une procédure fiable largement utilisée pour palier le déficit osseux maxillaire postérieur. Néanmoins, des complications post-opératoires peuvent intervenir : saignement, infection, exposition de la membrane, et exposition du greffon. La prévalence de l’infection varie de 3 à 5 % avec des conséquences très sérieuses si elles ne sont pas bien prises en charge. La question est de savoir si elles compromettent le résultat, et donc la possibilité de la mise en place d’implant. Une revue de la littérature confrontée aux résultats cliniques permettront d’apporter des éléments de réponse à cette problématique.

 

16h20 - Lacunes après cicatrisation : devons-nous être inquiets ? Comment les interpréter ?

Dr Amandine Para

Une grande partie des greffes sinusiennes qui se déroulent sans complications peropératoires montrent parfois des images de contrôle à court terme avec des zones de minéralisation réduites. Il s’agit d’un constat.

Comment interpréter ces lacunes ? Leur prévalence est-elle statistiquement prédictible ? Devons-nous être inquiets pour la thérapeutique implantaire à venir ?

Cette présentation portera sur l’évaluation qualitative radiographique des greffes sinusiennes à court terme, avec pour support l’actualité des études publiées dans le monde sur ce sujet, peu abordé jusqu’à aujourd’hui.

 

16h35 - Péri-implantite dans un sinus greffé : une pathologie spécifique ?

Dr Olivier Henry-Savajol

Peu d'informations scientifiques sont disponibles sur ce sujet, l'expérience clinique tirée du traitement de la péri-implantite et de la chirurgie de comblement sinusien par voie latérale doit donc être utilisée pour faire le lien entre ces 2 entités.

Définition, étiologie, prévalence, traitement et prévention seront détaillés dans la configuration particulière des implants dans le sinus greffé. Plusieurs questions se posent :

Ces implants seront-ils sains ou pathologiques à long terme ? Les péri-implantites sont elles plus fréquentes dans les zones greffées que dans les zones non-greffées ? Est-ce que le sinus greffé représente un facteur de risque majoré pour la péri-implantite ? Que penser des implants courts dans l'équation ?

En conclusion, doit-on aborder le sinus différemment ?




Vendredi 19 Octobre 2018

Préserver et reconstruire des volumes osseux : de la dent isolée au bimaxillaire, qu'avons-nous appris en 10 années ?


Implantation immédiate et mise en charge immédiate


08h55 - Site unitaire : mise en cosmétique ou mise en charge immédiate, une technique accessible à tous ?

Pr Serge Armand

En implantologie le positionnement tridimensionnel des implants revêt une importance capitale pour la réalisation des objectifs thérapeutiques; citons de façon non exhaustive :

  • une fonction occlusale physiologique,
  • un résultat esthétique répondant aux exigences des patients,
  • l’obtention de l’espace biologique péri-implantaire garant de l’ostéointégration.

L’implantologie post-extractionnelle vérifie ces objectifs mais présente un certain nombre de paramètres spécifiques, à savoir :

  • l’extraction de la dent doit être la plus atraumatique possible en utilisant une instrumentation différente des extractions classiques de chirurgie buccale ; c’est une phase délicate qui fait notamment appel à la piézochirurgie.
  • l’évaluation minutieuse des structures anatomiques voisines du site, tissus osseux, tissus mous et dents adjacentes permet de poser l’indication ou pas de la mise en place immédiate de l’implant; l’évaluation notamment de la corticale vestibulaire et de son intégrité anatomique revêt une importance capitale dans le choix du protocole.
  • le forage et le positionnement tri-dimensionnel de l’implant obéissent à des règles très précises et conditionnent l’obtention de l’espace biologique péri-implantaire, le site implantaire étant différent du site extractionnel.

La mise en place de l’implant et sa fixité primaire déterminent la possibilité de mettre une couronne provisoire non fonctionnelle dans la même séance.

 

09h15 - Préservation du volume après extraction : quelle stratégie pour les sites postérieurs ?

Dr Philippe Bousquet

L’alvéolyse post-extractionnelle a été largement décrite dans la littérature, particulièrement pour les secteurs antérieurs esthétiques. Les techniques de préservation osseuse ont montré leur intérêt comparé à la cicatrisation naturelle. Le volume osseux global dans les secteurs postérieurs étant plus important, y a-t-il un bénéfice pour le patient dans l’utilisation de ces techniques ? Au maxillaire l’alvéolyse est augmentée par les phénomènes de pneumatisation du sinus. Une étude précise avant extraction peut permettre d’évaluer l’évolution de l’anatomie, et de savoir si la conservation du volume osseux sera utile.

A la mandibule, peu d’études ont été réalisées sur l’intérêt de la conservation osseuse. Dans quels cas est il intéressant de préserver ce capital osseux dans les secteurs prémolaire et molaire ? Au travers des résultats d’une étude prospective multicentrique, certains critères ayant une influence sur la perte osseuse ont été mis en évidence. L’étude pré-extrationnelle de l’anatomie alvéolaire est très importante et conditionne la décision dans l’abord de la chirurgie d’extraction et de régénération. Ces techniques simplifiées peuvent permettre un  positionnement optimum de l’implant en évitant des techniques d’augmentation osseuses beaucoup plus compliquées.

 

09h35 - Extraction, implantation et mise en charge immédiate bi-maxillaire ?

Dr Jean-Louis Zadikian

Dix ans de recul sur cette alternative de traitement et la pose d’un millier d’implants ont rendu possible la mise au point d'une procédure chirurgicale innovante gérant d’abord les biomatériaux, puis les tissus mous par guidage prothétique.

Cette stratégie aboutit à une restitution volumétrique tissulaire qui permet une optimisation de l’esthétique et de l’hygiène du patient. 

 

09h55 - Conséquences de l'extraction sur l'os vestibulaire : qu'avons-nous appris en 10 ans ?

Pr Mauricio Araujo

Au cours des 10 dernières années, une multitude de connaissances a été recueillie sur la gestion de l’alvéole. Ainsi, le but de la présentation actuelle sera de décrire et de discuter des développements les plus importants dans ce domaine.

Nous apprendrons de nombreuses informations sur :

  • le processus de cicatrisation alvéolaire, en particulier sur le devenir de la paroi vestibulaire et le remodelage du procès alvéolaire. Il a été démontré que les mécanismes de modelage-remodelage entraînent des changements qualitatifs et quantitatifs sur le site édenté durant la phase de cicatrisation.
  • les différentes techniques pour compenser la perte crestale alvéolaire. Diverses procédures cliniques ont été proposées et évaluées. Il a été démontré que les greffes osseuses permettant un échafaudage permanent pour l'os de l’hôte, sont bénéfiques pour la préservation de crête.
  • les facteurs qui peuvent aider à évaluer la quantité de perte osseuse après l'extraction de la dent.

 

Chirurgie osseuse pré-implantaire : gérer l'augmentation osseuse horizontale...  


11h05 - Avec des blocs d'os autogène

Dr Philippe Colin

Qui peut le plus peut le moins. L'os autogène peine à être remplacé dans les appositions verticales ou 3D parce qu'il présente, au-delà de ses capacités mécaniques, un potentiel biologique naturel. C'est, de fait, un excellent choix pour les appositions horizontales pré ou per-implantaires, où son utilisation est bien documentée et conduit à des résultats prévisibles, sous réserve de bien mener le protocole chirurgical que ce soit sur sites donneur ou receveur, et de maitriser les facteurs de risque post-chirurgicaux.

Cet exposé clinique décrira les points clefs à respecter et évoquera les complications potentielles, qui restent toutefois limitées par rapport aux appositions 3D.

L'apposition horizontale avec de l'os autogène en bloc permet de compenser tous types de déficiences horizontales et permet aux praticiens d'acquérir de l'expertise pour le traitement de pertes osseuses plus invasives.

 

11h25 - Avec des plaques d'ostéosynthèse : comment s'assurer d'un positionnement tridimensionnel de l'implant ? 

Dr Hervé Buatois

L’implantologie a largement acquis sa place dans notre arsenal thérapeutique. Sa fiabilité théorique n’est plus à démontrer. Sa démocratisation dans les cabinets est une évolution saine et normale pour la prise en charge des patients.

Cependant des raccourcis techniques face à son succès nous amène parfois à simplifier un peu trop ses performances. Le débat n’est pas tant l’ostéointégration de l’implant que la pérennité de la réhabilitation.

Comme toute technique ce n’est pas tant le geste technique qui prime mais le plan de traitement qui amène à ce geste technique. Les lois biologiques sont immuables et en implantologie , comme en prothèse sur dent naturelle nous ne pouvons pas faire abstraction du contexte parodontal, tant dans son architecture que dans son intégrité biologique.

Dans cette logique, le volume osseux reste la fondation de notre traitement implanto-prothétique. Le but de la conférence est de décliner la logique d’un traitement implantaire pérenne et d’apporter une méthodologie de reconstruction osseuse moins invasive et reproductible afin de s’assurer de la stabilité des tissus mous et du profil d’émergence prothétique.

 

11h45 - Avec des grilles en titane : un nouveau paradigme pour la crête alvéolaire ?

Dr Pierre Marin

Le traitement implantaire est guidé aujourd’hui par le concept prothétique. La chirurgie doit répondre aux exigences du projet prothétique. Elle va permettre de recréer les conditions tissulaires gingivales et osseuses indispensables à l’obtention de bons rapports muco-prothétiques.

L’objectif majeur de la Régénération Osseuse Guidée est la régénération du ou des défauts osseux traités conduisant à un volume suffisant permettant le positionnement tridimensionnel du ou des implants, lui ou leur assurant une épaisseur de paroi vestibulaire égale au moins à 2mm synonyme de soutien des tissus mous, vecteur essentiel d’un résultat esthétique.

Le principe biologique de la ROG repose sur la notion d’espace maintenu pour la protection du caillot, sa colonisation sélective par les cellules osseuses et le maintien à distance des tissus mous.

La ROG est considérée comme étant une technique donnant des résultats prédictibles et pérennes dans le traitement pré- ou per-implantaire des défauts osseux horizontaux ou verticaux.

Nous devons différencier le traitement des défauts mineurs (Minor bone augmentation) qui englobent les défauts horizontaux de celui des défauts majeurs (Major bone augmentation) principalement représentés par une composante verticale ou, encore plus, des défauts complexes dans lesquels les deux précédentes formes sont associées.

L’utilisation de dispositifs médicaux permettant de maintenir, dans le temps, l’espace nécessaire à l’établissement et à la transformation du caillot doit rendre possible le traitement de défauts complexes pour lesquels les membranes collagènes montrent leur limites.

L’Implantologie numérique, robotisée laisse aux praticiens le pilotage thérapeutique tout en lui fournissant tous les éléments (protocoles, logiciels, dispositifs médicaux, matériaux, robots,….) pour diminuer les risques, augmenter le taux de succès et satisfaire ainsi nos patients.

La chirurgie implantaire est un exercice de précision qui s’adresse à des surfaces, des sites, des défauts osseux de taille réduite et d’accès souvent difficile.

La convergence de l’imagerie numérique, de l’informatique et de l’impression 3D a conduit à la conception et à l’élaboration de grilles en titane personnalisées qui s’adaptent parfaitement aux contours du défaut, répondant ainsi aux impératifs de précision chirurgicaux.

La présentation d’une première série de cas cliniques permet de mettre en évidence l’intérêt de cette technique novatrice, mais également ses exigences sur le plan chirurgical et de discuter des résultats et des complications.

 

12h05 - Avec les blocs L-PRF pour les sites maxillaires postérieurs

Pr Marc Quirynen

La fibrine riche en leucocytes et plaquettes (L-PRF), est un produit dérivé du sang autologue, concentré plaquettaire de seconde génération, qui peut être obtenu rapidement et à faible coût.

Le L-PRF est produit à partir du sang périphérique, qui est immédiatement centrifugé sans aucun anticoagulant. Il est riche en fibrine, en plaquettes (± 95% du sang initial) et en leucocytes (± 50% du sang initial), et peut être transformé en membranes d'environ 1 mm d'épaisseur.

Ces membranes libèrent de grandes quantités de facteurs de croissance pendant une longue période (≥ 7 jours). Ces membranes peuvent être également utilisées pour préparer un bloc L-PRF (mélange 1: 1 de xénogreffe particulaire avec des membranes morcelées de L-PRF, en ajoutant du liquide fibrinogène pour stabiliser la xénogreffe).

De tels blocs de L-PRF peuvent être utilisés pour réaliser une augmentation osseuse horizontale (verticale), lorsqu'ils sont combinés avec une membrane de collagène, fixés avec des pins titane et protégés par une couche superficielle de membranes L-PRF. 29 patients (36 sites) présentant des déficits alvéolaires horizontaux ont été traités.

Une greffe a montré une complication pendant la cicatrisation. Les greffes restantes ont eu un gain moyen osseux horizontal de ± 4,5 mm (mesuré sur des images CBCT en coupe transversale). 50 implants ont été placés et présentent un suivi moyen de 12 mois.

Cette présentation montrera des lignes directrices claires (procédures étape par étape) pour l'utilisation clinique des blocs L-PRF.


Chirurgie osseuse pré-implantaire : gérer l'augmentation verticale ou 3D...


14h00 - Avec des blocs allogéniques : indications et limites

Dr Michel Jabbour

En chirurgie pré-implantaire, les augmentations osseuses verticales aussi bien maxillaires que mandibulaires restent un acte délicat et difficile.

Outre la complexité chirurgicale et un temps opératoire relativement long,  quand  le volume osseux à reconstruire est plus ou moins supérieur à deux sites, le prélèvement intra-oral devient très vite insuffisant et le recours à un prélèvement extra-oral souvent pariétal dont on connaît les contraintes, devient obligatoire.

Les blocs allogéniques standards ou sur mesure sont aujourd’hui une alternative fiable pour traiter efficacement ces pertes osseuses en chirurgie pré-implantaire.

Une parfaite analyse de la forme de la perte de substance et du  biotype gingival ainsi qu’une technique chirurgicale rigoureuse sont des facteurs déterminants pour la réussite de ces greffes.


14h20 - Avec des blocs d'os autogène au maxillaire

Dr Pierre Keller

Les zones défavorables peuvent être traitées par différentes techniques de régénération osseuse afin d’obtenir une restauration implantaire esthétique et fonctionnelle. L’os autogène reste le «gold standard» pour la reconstruction de défauts alvéolaires verticaux compte tenu de sa capacité de cicatrisation et de sa prédictibilité. Notre technique de greffe est basée sur la préparation des blocs corticaux mandibulaires. La stabilité du volume reconstruit dépendra de la technique de reconstruction mais aussi d’une gestion adaptée des tissus mous.

 

14h40 - Avec des blocs d'os autogène à la mandibule

Dr Patrice Margossian

Les aménagements osseux pré ou per implantaires sont des thérapeutiques incontournables en Implantologie.
Il s’agit bien entendu de permettre l’obtention de l’osteointégration, mais également de pouvoir idéaliser la position des implants selon un projet prothétique préalablement établi. L’épaisseur de l’os autour des implants limite en outre le risque de complications (déhiscences, récessions, péri-implantites) et conditionne donc aussi considérablement le pronostic à long terme des implants.

Dans les situations de forte résorption, les reconstructions osseuses 3D autogènes représentent une technique de choix.

Ces techniques de régénération osseuse impliquent aussi de maîtriser la gestion des tissus mous. Lors de la fermeture des tissus, l’opération peut s’avérer délicate du fait de l’augmentation de volume osseux. Quant à la phase de réouverture, elle devra être mise à profit pour recréer, grâce à la chirurgie plastique muco gingivale, une barrière de tissus stables et kératinisés autour du col de chaque implant.


Comment sécuriser vos pratiques implantaires...


16h10 - En appliquant à l'implantologie la navigation chirurgicale ?

Dr Hadi Antoun

Placer un implant n’est jamais un acte anodin. Des répercussions anatomiques, fonctionnelles et/ou esthétiques semblent évidentes. Le meilleur compromis entre le volume osseux disponible et le projet prothétique n’est pas toujours simple à trouver en particulier quand l’intervention se fait à main levée et en présence d’un volume osseux réduit.

La simulation informatique associée à la chirurgie guidée statique ou dynamique sont des outils qui permettent aujourd’hui de sécuriser notre pratique.Il en est de même quand il s’agit d’augmenter le volume osseux à travers par exemple l’expansion osseuse qui nécessite une ostéotomie fine et précise.

La visualisation du trajet déjà parcouru de nos forêts ou de nos outils d’ostéotomie à travers les plans de coupe sur le logiciel, associée à la planification implanto-prothétique, est certainement une aide supplémentaire dans la reproductibilité et la facilitation de la technique.

L’approche de l’expansion, économe en tissu osseux et qui exploite au mieux le potentiel ostéogénique de l’os médullaire, est sans doute une des approches les plus séduisantes et prometteuses des augmentations osseuses.

 

 

16h30 - En choisissant le bon nombre d'implants en cas d'édentement total au maxillaire ?

Dr Patrick Limbour 

Le recours aux implants pour le traitement de l'édentement total du maxillaire est désormais fréquent. Différentes stratégies se présentent selon le type de reconstruction prothétique souhaité, mais également selon la motivation du patient et sa compliance aux différentes exigences thérapeutiques.

Les impératifs fonctionnels sont bien définis, mais le nombre d'implants, en fonction du projet thérapeutique, fait encore l'objet de controverses. Les volumes osseux résiduels, la longueur d'arcade disponible, la largeur du sourire et le concept prothétique choisi conditionnent cet élément clé.

Nous définirons les éléments permettant de sécuriser une pratique implantaire rationnelle et efficace.

 

16h50 - En tenant compte du facteur humain ?

Dr Guillaume Heller

Le plus souvent le succès des actes médicaux ou dentaires est uniquement attribué à la qualité des protocoles et des techniques utilisées.

Pourtant en chirurgie générale, il est établi que le comportement des cliniciens et de leurs collaborateurs a un impact fort sur la morbidité des interventions et le taux de réussite des traitements.

Il est également démontré que la prise en compte des facteurs humains permet de faire diminuer de façon très significative les accidents opératoires, les complications et même la mortalité. Cette approche de sécurité tarde à arriver en dentisterie en général et en implantologie en particulier.

Le but de la présentation est de montrer que la prise en compte des Facteurs Humains permet d'améliorer la performance des équipes en diminuant de façon significative le taux de complications et d'échec.

Il est important de noter que cette approche n'est, en aucune façon, en contradiction avec le fait d'utiliser des protocoles et des matériels fiables.

 

17h10 - En prenant en considération la biologie du patient ?

Pr Shahram Ghanaati

Le PRF (Fibrine Riche en Plaquettes) est un concentré sanguin obtenu par la centrifugation du sang périphérique. Ce système existe sous forme solide et liquide.

En milieu clinique, il est essentiel d’avoir un concept régénérateur efficace et rapide afin de favoriser la régénération et la cicatrisation des plaies. En tant que principe entièrement autologue et bioactif, le PRF contient un nombre élevé de plaquettes et de leucocytes capables de libérer différents facteurs de croissance et protéines plasmatiques, d’une grande importance dans le processus de régénération.

Des études récentes ont montré qu’appliquer le concept de centrifugation à basse vitesse (LSCC) augmente significativement la bioactivité/biofonctionnalité et les capacities régénératives du PRF. Le LSCC permet une augmentation significative du nombre de plaquettes et de leucocytes du PRF lorsque la force de centrifugation relative (RCF) est réduite lors de la préparation. Cela mène à une bioactivité/biofonctionnalité significativement plus élevée en termes de facteurs de croissance libérés par rapport aux matrices du PRF préparées avec une haute force de centrifugation relative (RCF).

Les facteurs de croissance libres tels que VEGF, EGF, TGF-ß1, PDGF-BB sont les principaux protagonistes du processus de régénération. Ainsi, le PRF en application clinique peut être utilisé seul ou en combinaison avec des biomatériaux (membranes et substituts osseux) pour “biologiser” les biomatériaux avant leur utilisation et soutenir le processus de régénération.


 

Samedi 20 Octobre 2018


Risque infectieux en péri-implantologie


09h00 - Profil parodontal du patient

Dr Marianne Manset

Le nombre d’implants placés en Europe par an est estimé à 5,5 millions. Même si le pourcentage précis de complications est difficile à estimer, certaines études suggèrent qu’au moins 1 patient sur 5 ayant reçu des implants développera une infection péri-implantaire, pouvant entrainer la perte de l’implant.

L’étiopathogénie des maladies péri-implantaires et le lien entre parodontite et péri-implantite sont maintenant connus, mais le pronostic des traitements de ces pathologies est encore incertain. L’étiologie de la péri implantite étant pluri factorielle il est important d’établir à la fois le profil parodontal du patient mais aussi d’identifier les facteurs de risques généraux associés.

Cette communication a pour but de faire le point sur les facteurs de risques notamment systémiques et environnementaux des maladies péri-implantaires.


09h20 - Flore parodontale et péri-implantaire

Dr Frédéric Duffau

Les maladies parodontales et les maladies péri-implantaires présentent un certain nombre de similitudes. Ainsi, le protocole de la gingivite expérimentale proposé chez l’homme a été reproduit avec succès autour des implants, tandis que les péri-implantites expérimentales sur l’animal, comme les parodontites expérimentales, montrent l’influence évidente de la plaque dentaire sur leur apparition et leur progression.

Par ailleurs, la persistance ou la récidive d’une poche parodontale, ou encore la présence d’un foyer parodontal à proximité d’un implant, augmentent le risque de péri-implantite.

Il n’y a dès lors qu’un pas à franchir pour affirmer que le microbiote parodontal est à l’origine des péri-implantites. Pourtant, un nombre d’études croissant montre que les microbiotes parodontaux et péri-implantaires diffèrent considérablement.

Cette présentation aura pour objectif de montrer comment le microbiote parodontal peut influencer le microbiote péri-implantaire, et comment la transition de la santé péri-implantaire vers la péri-implantite peut s’expliquer, sans faire de la translocation bactérienne la seule explication.

 

09h40 - Recommandations pour le traitement des péri-implantites et leur maintenance

Dr Brenda Mertens

Le traitement des péri-implantites a pour objectif l’élimination de l’inflammation des tissus péri-implantaires, et l’obtention d’une cicatrisation qui se traduit par une stabilisation du niveau osseux et/ou une réparation, ainsi que par une reformation de l’attache gingivale. Le résultat de ce traitement dépend de l’efficacité de la décontamination de la surface implantaire et de l’environnement tissulaire. Le but est de limiter les risques de progression de la maladie péri-implantaire. Le traitement non chirurgical constitue la base de traitement de toutes le péri-implantites. Pour les formes les plus sévères, les techniques chirurgicales peuvent être proposées. 

La maintenance péri-implantaire est essentielle, doit être systématisée et se fait avec une fréquence qui dépend du niveau de risque de chaque patient. Elle permet la prévention et  la détection précoce des récidives.

10h00 - Le futur du traitement des péri-implantites 

Pr Markus Schlee

Traitement de la péri-implantite - une nouvelle méthode de nettoyage des surfaces d'implant infectées par une approche galvano-électrique.

La pathologie péri-implantaire se révèle être un problème fréquent. L'incidence augmente en raison du nombre croissant d'implantation et du temps cumulé de leur intégration.

Les revues sur l'efficience et l'efficacité des traitements, ainsi que l'expérience clinique de la communauté dentaire démontrent qu'aucune modalité de traitement n'obtient un résultat satisfaisant à long terme.
Une décontamination de surface inadéquate altérée par l'anatomie du défaut, la macro et la micro-conception de l'implant peuvent être les raisons principales.

Ni l’élimination complète du biofilm, ni un niveau acceptable de ré-ostéointégration ne sont en effet possibles.

Une nouvelle méthode de nettoyage de surface utilisant une méthode galvano-électrique sera introduite. Plus de 10 études in vitro, une étude animale et une étude clinique démontrent une élimination complète du biofilm et une “stérilisation” d'un implant précédemment infecté.

Les hydrocarbones seront éliminés, ce qui donnera une surface supra-hydrophile. La ré-ostéointégration n'est limitée que par des problèmes anatomiques tels que la morphologie des défauts et les compétences du chirurgien.

Les participants apprendront :
- L'efficience et l’efficacité des traitements récents de la péri-implantite
- Introduction d’un nouveau type de traitement
- Preuves in vitro et cliniques
- Applications technique

 


Gestion des Tissus Mous


11h20 - Les fondamentaux de la gestion des tissus mous 

Dr Sofia Aroca

La gestion des tissus mous autour des dents et des implants a fait l’objet de nombreuses publications scientifiques. Cette dernière décennie l’aménagement tissulaire péri-implantaire connait un grand intérêt de la part des cliniciens bien que nous ayons, à ce sujet, encore des controverses.

Cet exposé a comme but de répondre à de nombreuses questions essentielles, comme par exemple :
- L’attache conjonctive supracrestale joue-t-elle le même rôle autour de l’implant que de la dent ?
- Les évidences scientifiques avérées dans la gestion des tissus mous autour des dents naturelles peuvent-elles nous servir de référence biologique pour l’aménagement de la muqueuse peri-implantaire ?
- Les différents protocoles chirurgicaux en fonction des différents temps opératoires influencent-ils le choix de la technique chirurgicale dans la gestion des tissus mous autour des implants ?
- Les différents types de lambeaux influencent-ils le résultat dans le traitement des récessions gingivales et/ou des déhiscences tissulaires implantaires ?
- Quels sont les paramètres et les facteurs influençant le choix de la technique chirurgicale dans le traitement des récessions et/ou déhiscences tissulaires ?

Des conclusions claires basées sur une vaste révision de la littérature et sur l'expérience clinique seront partagées avec l’audience.


11h50 - Complications et limites des greffes de tissu conjonctif

Dr Corinne Lallam

A l’heure où l’épaisseur du tissu gingival est un élément majeur autour des dents et des implants, la greffe de tissu conjonctif est devenue un gold standard associée aux techniques de chirurgie muco-gingivale et péri-implantaire.

La fiabilité des résultats et la bonne prédictibilité n’empêchent cependant pas les complications techniques ou cicatricielles qu’il faut parfois gérer.
Peut on toujours prélever du tissu conjonctif ? Tous les tissus conjonctifs donnent ils les mêmes résultats ? Sont-ils de même qualité ? Existe-t-il un volume de prélèvement à respecter ? Les résultats sont-ils dépendants du type de technique chirurgicale choisie ?

Avec l’avènement de la greffe de tissu conjonctif, la liste des questions, des limites ou des complications s’allonge nécessitant régulièrement une mise au point, un échange voire un débat.

La littérature et l’évidence clinique sont parfois contradictoires mais permettent toujours d’améliorer la prise de décision d’une part et les techniques chirurgicales d’autre part.

 

12h20 - Changement de paradigme dans les augmentations de tissu mou en implantologie

Pr Daniel Thoma

Les stratégies de traitement utilisant des implants dans la zone esthétique sont complexes et la stabilité des résultats fonctionnels et esthétiques à long terme repose sur des bases biologiques saines.

Les données cliniques suggèrent que la régénération des tissus durs est responsable à hauteur de 60% du volume final sur les sites implantés, et l’augmentation des tissus mous à hauteur de 40%.

Cela souligne l’importance d’ajouter une procédure de greffe de tissus mous pour obtenir des tissus péri-implantaires sains et un résultat esthétique favorable. Ainsi, le nombre de ces procédures est en augmentation.

Les greffes de tissus mous autologues sont considérées actuellement comme le gold standard.

Des substituts collagéniques de tissus mous ont récemment été développés afin de fournir des résultats similaires pour l’augmentation de volume des tissus mous, avec moins de morbidité et de complications que les greffes autogènes, offrant ainsi des avantages significatifs pour les patients et les cliniciens.